Renault Group

50 nuances de bleu : une couleur iconique en mouvement

9 décembre 2021
2 MIN
Design

Si l’on vous demandait de fermer les yeux et de penser à une Alpine, de quelle couleur serait-elle ? Il y a fort à parier qu’elle serait bleue... Dans l’inconscient collectif, cette couleur est, en effet, directement associée à la marque sportive de Renault Group. Il est vrai qu’elle a intimement accompagné les performances de ses modèles, aussi bien sur la route qu’en compétition. Directeur du Design de la marque Alpine, Antony Villain nous explique toutefois qu’il n’y a pas vraiment un unique bleu Alpine…

PAR RENAULT GROUP
Tous les amateurs d’automobile ont, dans un coin de leur cerveau, la séquence d’une berlinette Alpine bleue en plein drift. Les prouesses de l’A110 dans les rallyes des années 60 et 70 ont en effet largement marqué les esprits de plusieurs générations et ont contribué à créer une association instinctive entre la marque et cette couleur.
Anthony Villain

Pour Alpine, le bleu, c’est plus qu’une couleur. C’est un territoire !

Antony Villain
Directeur Alpine Design

Palette variée

Pourtant, au départ, les premières Alpine n’étaient pas spécialement bleues. Lorsque Jean Rédélé présente au P-DG de Renault, Pierre Dreyfus, ses premières productions dans la cour de l’usine de Billancourt à l’été 1955, il recourt à une palette chromatique variée : une voiture bleue, une blanche et une rouge. Et lorsqu’il l’engage en compétition, la petite A106 est parfois blanche, ou bleu pâle mais pas encore bleu métallisé. De même, les Alpine de route sont plus souvent commandées en rouge, en blanc ou en jaune, plutôt qu’en bleu.
Du bleu, mais aussi du blanc et du rouge : les couleurs d’origine de la marque Alpine sont variées

Une association chromatique légendaire

Ce n’est qu’avec la berlinette A110, que le bleu métallisé, qui va bientôt devenir emblématique, fait son apparition. Il semblerait d’ailleurs que ce soit à la demande particulière d’un client désireux de voir son A110 peinte dans un bleu dénommé Panama. Jacques Cheinisse, futur directeur sportif de la marque mais alors simple commercial chez Alpine et par ailleurs pilote amateur à ses heures perdues, aurait alors repéré ce bleu et l’aurait demandé aussi pour l’A110 qu’il commande début 1963 et qu’il engage en rallye. Un choix viral qui est bientôt appliqué à toutes les berlinettes de l’équipe officielle, ravie de faire briller en compétition les couleurs nationales, comme cela se pratique de manière formelle en Grand Prix jusqu’en 1967 (bleu pour la France, rouge pour l’Italie, vert pour la Grande-Bretagne, blanc puis argent pour l’Allemagne, etc.). Une association chromatique légendaire est née…
C’est à travers le sport automobile que la couleur bleue devient associée à la marque Alpine
Ce bleu Alpine métal, longtemps référencé sous le code RE 331, n’est pas le seul bleu proposé par Alpine à ses clients à l’époque. Il y a aussi le « bleu Azur métal », le « bleu acier métal », le « bleu Pacifique métal » ou le « bleu Estoril métal », par exemple, qui figurent au catalogue parmi bien d’autres teintes. « En effet, il n’y a jamais eu un seul bleu Alpine » confirme Antony Villain. « Et à l’époque, à Dieppe, il y avait aussi beaucoup de jaunes, de rouges, d’orange… ». C’est d’ailleurs dans un magnifique vert normand métal que sort d’usine la dernière A110 produite en 1977.
Les exploits sportifs de la berlinette (et le tarif moins couteux de cette référence !) rendent très populaire le bleu métallisé auprès des clients. « A un tel point que, dans les années 80, beaucoup d'Alpine qui n'étaient pas bleues à l’origine, ont été repeintes de cette couleur par leur propriétaire. Il y a aujourd’hui bien plus de berlinettes bleues qu’il n’y en avait à l’époque ! », confirme Antony Villain. A l’époque, le bleu métallisé représentait au mieux 30 % des commandes.

Un bleu décliné selon les tendances… et les besoins

En 2012, lorsque Renault décide de célébrer en grandes pompes les 50 ans de la berlinette avec le concept-car A110-50, c’est naturellement un bleu métallisé qui a été choisi. « Il a été accueilli comme le bleu Alpine iconique mais c’était une nouvelle teinte », affirme Antony Villain. « A la recréation d’Alpine, l’une des premières missions a été de décorer l’Alpine courant en endurance. Le temps était compté et nous avons repris ce bleu que l’on décline depuis.»
La carrosserie du concept A110-50 de 2012 revêtait une teinte bleue inédite

Un bleu à réinventer

Le directeur du Design Alpine et ses collaborateurs peuvent laisser libre cours à leur créativité : « Notre but, en tant que designers, est de projeter cette image dans le futur. C’est une belle palette pour nous. Le bleu est un ancrage qui est déclinable à l’infini. Il n’est pas figé. C’est ce qui est intéressant. C’est un challenge de trouver de nouvelles vibrances, de nouveaux traitements, de nouvelles profondeurs… Il faut s’adapter aux époques et aux nouvelles technologies. » Le déploiement de la future gamme d’Alpine pourrait bien nous réserver quelques surprises chromatiques...
dacia