Véhicule électrifié : la stratégie multi-technologies de Renault Group
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Quinze ans après ses premiers pas dans l’électrique, Renault Group accélère son électrification avec une stratégie multi-technologies pensée pour rendre la mobilité électrique plus accessible, plus efficiente et adaptée aux marchés.
Chez Renault Group, la révolution électrique ne date pas d’hier. Les premiers brevets liés aux technologies électriques ont été déposés dès 2011 et l’ambition de proposer une gamme majoritairement électrifiée est toujours en marche. D’ici 2030, le groupe veut rendre la mobilité électrique accessible au plus grand nombre, en accélérant le déploiement de solutions électriques et hybrides partout dans le monde : pour la marque Renault, il s’agit de développer une gamme 100 % électrifiée en Europe -avec 50 % de ventes de véhicules électriques et 50 % de ventes hybrides- et d’atteindre 50 % de ventes de véhicules électrifiés sur les marchés internationaux.
Pour atteindre ces objectifs, Renault Group mise sur une approche multi-technologies qui combine motorisations électriques et hybrides, tout en s’appuyant sur une stratégie de recherche et développement pensée pour accélérer les cycles de conception et rester compétitif face aux attentes du marché.
« Notre stratégie est assez simple : à terme, rendre la mobilité électrique abordable. Nous voulons démocratiser la technologie. Pour cela, nous nous appuyons sur notre pilier très solide de voitures compactes en Europe et nous dédions certains modèles au 100 % électrique afin d’offrir aux clients une expérience très différente. »
Lever les freins à l’adoption des véhicules électriques
Renault Group a parcouru beaucoup de chemin en quinze ans. En 2011, le groupe lançait sa toute première gamme 100 % électrique, composée de quatre véhicules : Kangoo Z.E., Fluence Z.E., ZOE et Twizy. Depuis, les technologies d’électrification ont progressé à grands pas. « Le marché a évolué bien plus vite que nous ne l’avions anticipé, souligne Nicolas Racquet. L’arrivée de nombreux nouveaux acteurs a accéléré l’innovation et rebattu les cartes de la concurrence. Dans un environnement où la technologie avance aussi vite, personne ne peut se permettre de rester immobile ».
Nicolas Racquet le reconnaît : plusieurs obstacles freinent encore l’adoption massive du véhicule électrique. « Aucun de nos clients ne sauvera la planète si le coût reste trop élevé. Le prix est donc le premier frein ». Les infrastructures constituent un autre enjeu, même si leur niveau de maturité varie selon les pays. « L’Europe de l’Ouest bénéficie aujourd’hui de réseaux de recharge matures, capables de soutenir un usage étendu de la mobilité électrique, notamment dans des pays comme la Norvège ou la Suède. D’autres marchés en sont à un stade plus précoce, où la disponibilité des bornes de recharge continue d’influencer l’adoption par les consommateurs ».
Pour autant, il se dit confiant sur deux points : l’évolution constante des technologies et l’attrait de l’expérience de conduite. « À Boston, des start-ups du véhicule électrique disposent de centaines de millions de dollars pour explorer de nouvelles ruptures technologiques. Beaucoup d’acteurs font avancer la technologie et la prochaine innovation qui redéfinira la mobilité électrique peut venir de n’importe où ».
Quant aux conducteurs, ils apprécient les performances de conduite et l’efficience des véhicules électriques. « Une fois qu’ils les ont essayés, la plupart des clients ne souhaitent plus revenir en arrière. C’est souvent l’expérience de conduite qui les convainc de franchir le pas et de rester à l’électrique ».
Et alors que certains constructeurs ciblent les segments haut de gamme, Renault Group dispose d’un atout particulier : il met son expertise électrique au service de modèles compacts et iconiques, comme Twingo, Renault 4 ou Renault 5.
« Beaucoup pensaient que les acheteurs de véhicules électriques viendraient des catégories les plus aisées. Mais, au fond, les personnes ont besoin d’une voiture électrique dans leur vie quotidienne. C’est, selon moi, le principal élément qui différencie notre stratégie de celle de nos concurrents. »
Hybride ou prolongateur d'autonomie : à chacun sa mobilité électrique
Forte de son expérience dans l’électrique, Renault Group développe depuis plus de dix ans sa technologie hybride, après avoir déposé ses premiers brevets en 2011. Plutôt que de considérer l’hybride comme une simple étape transitoire vers le tout-électrique, le constructeur y voit une technologie à part entière, qui mérite d’être développée pour elle-même.
La technologie full hybrid E-Tech (hybride non rechargeable) de Renault Group associe un moteur thermique à deux moteurs électriques. Cette architecture permet de réduire significativement la consommation de carburant. Combiné au freinage régénératif, qui récupère de l’énergie lors des phases de décélération, le système E-Tech peut réduire la consommation jusqu’à 40 %, avec une baisse proportionnelle des émissions. Il est reconnu comme l’une des meilleures solutions hybrides disponibles en Europe, à la fois pour ses performances de conduite et son efficacité énergétique.
Autre technologie clé dans les objectifs d’électrification de Renault Group : le prolongateur d’autonomie. Dans ce type d’architecture, un moteur thermique alimente la batterie au lieu d’entraîner directement les roues. Résultat : le véhicule fonctionne principalement en mode électrique, tout en offrant une autonomie nettement plus élevée.
D’ici 2030, le prolongateur d’autonomie de Renault Group permettra d’atteindre jusqu’à 1 400 km d’autonomie totale avec une seule charge de batterie. Une manière de proposer de faibles émissions, tout en répondant aux contraintes d’autonomie et aux inquiétudes des clients face à la ‘panne sèche’ électrique. Le prolongateur d’autonomie est développé sur une nouvelle plateforme modulaire, RG EV Medium 2.0.
Renault Group prévoit également, d’ici 2030, d’étendre sa technologie E-Tech au-delà de l’Europe. C’est un point important car, comme l’explique Nicolas Racquet, cette technologie s’adapte à des réalités très différentes selon les pays et les marchés. « Elle a sa propre réalité sur le marché, selon la région, les infrastructures et la culture du pays. »
Réduire l’impact environnemental grâce à des technologies sans terres rares
Depuis quinze ans, l’un des axes majeurs de la stratégie de Renault Group consiste à développer des technologies électriques sans recourir aux terres rares. Le groupe développe sa troisième génération de moteur électrique (EESM) à rotor bobiné et sans terre rare, capable de délivrer une puissance plus élevée, jusqu’à 275 chevaux, avec un rendement porté à 93 % sur autoroute. Il sera conçu et produit en interne, ancrant le leadership technologique et la souveraineté industrielle du groupe.
3ème génération de moteur électrique (EESM)
Cette approche permet non seulement de limiter l’impact environnemental lié à l’extraction et au raffinage de ces matériaux mais elle offre aussi au groupe un avantage concurrentiel important : renforcer son efficacité industrielle tout en différenciant ses technologies électriques sur des marchés très disputés.
« Alors que tout le monde regarde vers la Chine ou cherche à copier la Chine, nous sommes challengés et certains concurrents ont introduit la même technologie, explique Nicolas Racquet. Nous travaillons donc avec notre réseau de fournisseurs pour démocratiser cette technologie : plus l’industrie l’utilisera, moins elle coûtera cher. »
De la mécanique au logiciel : réussir la mutation de l'automobile
Le logiciel et la programmation automobile jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de l’efficacité énergétique. Au cœur de la gamme électrifiée de Renault Group se trouve un système intelligent de gestion de l’énergie. En optimisant en temps réel le fonctionnement des moteurs, des batteries et du freinage régénératif, il contribue à réduire la consommation d’énergie et les émissions des véhicules hybrides, tout en améliorant l’efficience des modèles 100 % électriques.
Pour adresser le marché mondial et atteindre ses objectifs 2030, le groupe a dû repenser en profondeur la manière dont ses ingénieurs travaillent et ce, dès les premières étapes de développement.
« Nous sommes en train de nous réinventer, explique Nicolas Racquet. Si je prends l’exemple de ma propre direction, nous avions auparavant une organisation automobile très classique, avec des personnes spécialisées dans les boîtes de vitesses, les pistons, les carters, … et d’autres expertes dans le logiciel. » Depuis 2025, les équipes qu’il supervise développent conjointement hardware et software.
En définitive, la réussite des ambitions d'électrification de Renault Group reposera sur ces mutations profondes, indispensables pour déployer à grande échelle des solutions performantes sur l'ensemble des marchés. Fort de 15 ans d'expertise dans l'électrique, le Groupe dispose de bases solides pour bâtir un écosystème complet. Sa feuille de route saura s'adapter à un environnement en perpétuelle évolution, sans jamais renoncer à l'optimisation de long terme.