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FuturGen Insight – Recyclage de la batterie d’une voiture électrique : un enjeu stratégique pour l’Europe et l’industrie

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La batterie de traction lithium-ion est le cœur de la voiture électrique. Elle conditionne son autonomie, ses performances, sa durabilité et concentre jusqu’à 40% de sa valeur. Avec l’accélération du passage à la mobilité électrique, indispensable pour atteindre les objectifs climatiques de 2050, le recyclage des batteries n’est plus une option. Il s’impose comme un enjeu industriel, économique et environnemental majeur, mais aussi comme un levier clé de souveraineté stratégique pour l’Europe, souligne Sophie Schmidtlin, Chief Technology Officer, The Future is NEUTRAL, filiale d’économie circulaire automobile de Renault Group et de Suez.

 

A retenir :

  • L’Union Européenne est aujourd’hui largement dépendante de ses importations de matériaux critiques pour fabriquer les batteries lithium-ion des véhicules électriques et hybrides.
  • Pour répondre à cet enjeu de souveraineté, la réglementation de l’UE prévoit de renforcer le recyclage des minerais composant les batteries en imposant des seuils minimums de contenu recyclé à horizon 2030.
  • Pour y parvenir, l’UE doit construire une véritable filière industrielle compétitive autour de la batterie.
  • The Future Is NEUTRAL accompagne déjà les constructeurs automobiles dans la prise en charge et le traitement des batteries de leurs véhicules arrivés en fin de vie.

L’industrie du recyclage des batteries est essentielle pour l’autonomie stratégique européenne

Aujourd’hui, l’Union européenne importe plus de 80 % des métaux critiques nécessaires à la fabrication des batteries lithium‑ion des véhicules électriques ou hybrides. Cette dépendance s’explique à la fois par la rareté des ressources minières sur notre sol et par la concentration du raffinage en Asie. Dans ce contexte, recycler localement les rebuts de production des usines à batteries(les gigafactories) et les batteries en fin de vie est le levier le plus concret pour réduire notre dépendance.

La réglementation européenne trace la voie. La circularité est reconnue comme un pilier de souveraineté et un objectif chiffré est posé : au moins 25 % de la consommation annuelle européenne de matières premières critiques couverte par le recyclage d’ici 2030. C’est ambitieux… mais réaliste si nous passons à l’échelle.

La batterie lithium-ion représente une « mine urbaine » en Europe

En effet, les rebuts de production et les batteries en fin de vie constituent un gisement géographiquement localisé en Europe. Ils sont hautement concentrés en métaux stratégiques composants de la batterie (lithium, nickel, cobalt, manganèse et cuivre) avec des teneurs supérieures aux minerais naturels. Mieux : ces métaux sont recyclables à l’infini avec des rendements élevés.

De quoi faire du recyclage la colonne vertébrale industrielle de la transition : nous sécurisons l’approvisionnement, réduisons l’empreinte carbone de la batterie et réinjectons des matières recyclées dans la fabrication de nouvelles batteries. Un véritable modèle circulaire « from Car to Car» applicable aux véhicules électriques.

Cependant, la réglementation ne stipule pas que ces matériaux recyclés doivent provenir d’une filière européenne : tant que la traçabilité est assurée, les fabricants peuvent s’approvisionner hors de l’UE.

Traduction industrielle : si l’Europe n’investit pas dès maintenant dans sa chaîne de valeur du recyclage, nous recréerons une dépendance…  aux matières recyclées, et laisserons d’autres régions du monde capter la valeur économique et technologique associée à la circularité. À l’inverse, industrialiser vite, localement nos capacités de collecte et de raffinage, c’est accélérer notre autonomie stratégique.

Construire une filière européenne compétitive : un impératif industriel

Être compétitifs face aux filières asiatiques et aux coûts des métaux vierges nécessite :

  • d’optimiser les coûts et les opérations sur toute la chaîne :  optimiser la collecte des batteries pour en réduire le coût, avoir des rendements optimaux pour l’extraction des métaux….
  • de massifier les volumes à recycler pour sécuriser les investissements et activer les effets d’échelle
  • d’accompagner l’industrialisation via des dispositifs publics adaptés
  • d’anticiper la diversité des chimies et des architectures de batterie

Au‑delà de la sécurité d’approvisionnement, une filière européenne robuste réduit aussi l’empreinte carbone des batteries produites en Europe — un objectif central du règlement européen sur les batteries.

La Responsabilité Élargie du Producteur s’applique à la voiture électrique et sa batterie

Depuis août 2025, les constructeurs automobiles européens sont responsables de la fin de vie des batteries qu’ils mettent sur le marché. Cette Responsabilité Élargie du Producteur (REP) leur impose d’organiser et financer la collecte, le recyclage et la traçabilité des batteries. Chez The Future is NEUTRAL, nous proposons justement de les accompagner dans ce domaine, pour mettre en place une véritable économie circulaire de la batterie de voiture électrique.
En France, nous opérons le premier Système Individuel batteries pour Renault Group, en partenariat avec notre filiale INDRA AUTOMOBILE RECYCLING, leader du traitement des véhicules hors d’usage (VHU) et notre actionnaire SUEZ.

Concrètement, nous gérons :

  • la dépose sécurisée des batteries,
  • leur prise en charge dans des centres de démantèlement qualifiés,
  • le le tri, le transport, la décharge et le démantèlement
  • le recyclage final conformément aux exigences européennes.

Ce modèle ouvre la voie à une boucle entièrement circulaire, « from Car to Car », où les matériaux d’une batterie servent à en fabriquer une nouvelle.

Prolonger la vie des batteries avant de recycler

Le recyclage n’est que la dernière étape du cycle de vie des batteries. Grâce à la réparation et à la réutilisation, une batterie peut rester en service plus de 15 ans, puis connaître une seconde vie dans le stockage d’énergie avant son recyclage final. C’est un pilier essentiel pour optimiser l’impact environnemental et économique de la filière.

Pour une souveraineté européenne autour de la batterie

Construire progressivement une souveraineté sur les métaux de la batterie est un enjeu stratégique pour l’Europe, et cela passe par une industrialisation rapide d’une filière de recyclage. Passer à l’échelle, massifier, standardiser : c’est ainsi que nous garderons la valeur économique et technologique en Europe, et que nous sécuriserons la transition vers une mobilité réellement durable.

Le recyclage des batteries est essentiel car il permet de réduire la dépendance européenne aux métaux critiques importés, indispensables à la fabrication des batteries lithium‑ion. En recyclant localement les rebuts de production et les batteries en fin de vie, l’Europe sécurise son approvisionnement, limite son empreinte carbone et crée une véritable boucle industrielle circulaire. Ces batteries constituent d’ailleurs une “mine urbaine” très riche, avec des teneurs en métaux stratégiques bien supérieures à celles des minerais naturels.

La réglementation européenne fait du recyclage un levier clé de souveraineté stratégique. Le « Critical Raw Materials Act » (CRMA) fixe un objectif : d’ici 2030, au moins 25 % de la consommation annuelle de matières premières critiques devra être couverte par le recyclage. Le règlement Batteries (UE) 2023/1542 impose aussi des taux minimaux de contenu recyclé incorporé dans les batteries neuves pour l’homologation du véhicule : 16 % de cobalt, 6 % de nickel et 6 % de lithium à partir du 18 août 2031, puis respectivement 26 %, 15 % et 12 % à partir du 18 août 2036.

Depuis août 2025, les constructeurs automobiles sont également responsables de la fin de vie des batteries qu’ils commercialisent, via le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP), qui leur impose d’organiser et financer la collecte, le recyclage et la traçabilité des batteries en fin de vie.

The Future is NEUTRAL accompagne les constructeurs pour répondre à leurs obligations de collecte et de recyclage. En France, l’entreprise opère le premier système individuel batteries pour Renault Group, en partenariat avec INDRA AUTOMOBILE RECYCLING et SUEZ. Elle prend en charge l’ensemble du processus :

  • dépose sécurisée des batteries,
  • traitement dans des centres de démantèlement qualifiés,
  • tri, transport, décharge et démantèlement
  • recyclage final conforme aux exigences européennes.

Ce modèle permet de créer une boucle entièrement circulaire, « from Car to Car », où les matériaux d’une ancienne batterie servent à fabriquer une nouvelle

Non. Le recyclage constitue la dernière étape du cycle de vie d’une batterie. Avant cela, la réparation et la réutilisation permettent de prolonger son usage initial sur plus de 15 ans. Une fois retirée du véhicule, une batterie peut aussi connaître une seconde vie dans des applications de stockage stationnaire de l’énergie. Ce prolongement maximise son utilité et réduit son impact environnemental global.