Comment les métiers de demain façonnent l’automobile d’aujourd’hui
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Saviez-vous qu’une voiture renferme plus de lignes de code qu’un avion de ligne ? Qu’elle est l’un des objets du quotidien qui se recycle le mieux ? Connaissez-vous le poids économique du secteur automobile en Europe ? A quelques jours de l’ouverture du salon automobile de Paris, nous vous proposons de découvrir une série de faits et chiffres inattendus sur le secteur automobile, à contre-courant des clichés et des idées reçues. Prêts à vous laisser surprendre ?
L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies transforment les compétences et les métiers de l’automobile. À travers six parcours, découvrez celles et ceux qui mettent la robotique, la data, le digital et l’énergie au service de la voiture d’aujourd’hui.
À retenir
- L’automobile européenne a installé 23 000 robots industriels en 2024, environ un tiers des installations de l’industrie manufacturière du continent[1].
- Près de neuf organisations sur dix dans le monde utilisent l’IA dans au moins une fonction, et l’industrie avancée la déploie d’abord dans la production et la chaîne d’approvisionnement[3].
- Renault Group exploite 11 000 robots industriels dans 23 usines et vise 350 robots de nouvelle génération Calvin dans ses usines françaises et espagnoles fin 2027[4].
- Les usines du Groupe analysent cinq milliards de données par jour ;
- Les nouveaux métiers touchent la robotique, la donnée, la logistique, l’expérience client et le digital, l’énergie et le carbone.
- ReKnow University a formé ou reconverti plus de 53 000 collaborateurs depuis 2021 dans sept domaines de compétences stratégiques, de la mobilité électrique à la cybersécurité[7].
Comment les métiers de demain façonnent l’automobile d’aujourd’hui
40 % des organisations réalisant plus d’un milliard de chiffre d’affaires déclarent déployer à grande échelle des agents d’intelligence artificielle, selon McKinsey[3]. L’automobile ne fait pas exception : l’intelligence artificielle y progresse rapidement et transforme en profondeur les compétences comme les métiers. Chez Renault Group, cette mutation s’incarne dans le quotidien de collaborateurs qui mettent les nouvelles technologies au service de la voiture d’aujourd’hui. De la robotique à l’énergie, découvrez six parcours qui donnent un visage à ces métiers de demain.
Robotique : un expert en IA physique
L'industrie automobile européenne a installé 23 000 robots industriels en 2024, environ un tiers des installations de toute l'industrie manufacturière du continent, ce qui en fait le premier client de la robotique en Europe[1]. Laurent Duthoit, expert robotique et IA physique chez Renault Group, en est témoin. Son terrain de jeu : 11 000 robots industriels traditionnels dans 23 usines, 5 000 véhicules à guidage automatique et 100 robots mobiles autonomes pour la manutention[4]. Sa dernière mission est née le 1er octobre 2024, lors d'un colloque où le cofondateur de la startup Wandercraft, à l’origine spécialisée en dans les exosquelettes robotisés pour les personnes à mobilité réduite, annonçait son intention de produire des robots humanoïdes. Le résultat s'appelle Calvin, un robot de nouvelle génération qui s'appuie sur l'IA physique pour percevoir son environnement, s'y adapter et changer de mission, là où un robot traditionnel est dédié à une seule tâche[4]. Testé à l'usine de Douai, il saisit les pneus deux par deux, une trentaine de kilos d'un coup, quand la plupart des robots du marché ne manipulent que 3 à 10 kilos[4].
Il y a dix ans, ce métier n'existait pas : le développement a suivi la logique d'un projet véhicule, Renault Group définissant les cas d'usage et Wandercraft y répondant techniquement, avec des ajustements hebdomadaires[4]. Eric Marchiol, directeur metaverse industriel et qualité, résume ainsi le changement : « La robotique de nouvelle génération va permettre d'enrichir les tâches confiées à nos opérateurs en usine, en supprimant les plus pénibles, sur un plan physique ou cognitif. »[4] Le Groupe est ainsi l'un des tout premiers industriels automobiles au monde à introduire un tel robot sur ses lignes. Une dizaine de Calvin sont attendus en poste fin 2026 et 350 dans ses usines françaises et espagnoles fin 2027[4] [5].

Intelligence artificielle : une data scientist pour industrialiser des solutions IA
Tiphaine Phe-Neau est Chapter Leader Data Scientist chez Renault Group. Docteure en informatique, passée par la recherche, une startup, un grand média numérique et des projets pour le ministère de l'Intérieur, elle a rejoint le Groupe en 2019, attirée par « une grande diversité de sujets, au service d'une multitude de métiers ». Elle coordonne le développement et l'industrialisation de solutions data et IA, main dans la main avec la qualité, l'industrie, l'ingénierie ou les ressources humaines, dans le cadre du programme Augmented Renault qui structure l'intégration de l'IA dans tout le Groupe
Ce qui était impensable il y a peu tient en un chiffre : grâce à la standardisation des process, le délai de mise en production d'un système intégrant de la data et de l'IA est passé de plusieurs mois à quelques semaines seulement. Avec des innovations très concrètes au quotidien, comme un assistant vocal conçu avec les équipes qualité de Sandouville et Dieppe pour saisir les cotations (évaluations attribuées lors des contrôles qualité d’un véhicule ou d’une pièce) dans un environnement bruyant, appelé à être déployé en Espagne et en Amérique latine, en plusieurs langues « L'IA ne doit pas être utilisée par principe : c'est un outil qui doit être mobilisé au bon moment, pour les bons usages », insiste-t-elle.

Data et intelligence artificielle : un pilote digital au service des usines
Gregorio Aguado est pilote digital pour les usines de Renault Group, au sein de l'équipe Innovation basée en Espagne. Ingénieur en télécommunications de formation, il a construit son parcours entre l'ingénierie process, le manufacturing et la logistique avant de se spécialiser dans la transformation digitale industrielle. Sa mission aujourd'hui : coordonner les développements en matière de data et d'intelligence artificielle afin de fournir aux équipes de terrain des outils leur permettant de prendre des décisions plus rapides, plus précises et plus autonomes, au service de la performance des usines espagnoles.
Avec des millions de données traitées chaque jour dans les usines, son équipe développe et déploie des solutions numériques à grande échelle pour les usines espagnoles de Renault Group. L’équipe est notamment à l’origine du projet « Plant Connect », devenu l’outil digital de référence pour l’animation quotidienne des usines grâce à la data. Plant Connect est capable de traiter des millions de data par jour, les usines espagnoles étant les premières à l’avoir adopté. Le projet a ensuite été déployé à l’ensemble de Renault Group.. « Il s'agit de donner à toutes les équipes de terrain les outils qui leur permettent de prendre les bonnes décisions avec précision et en toute autonomie », explique-t-il. Son métier illustre l'émergence de nouveaux profils à la croisée de l'industrie, de la data et de l'intelligence artificielle, devenus essentiels dans les usines connectées d'aujourd'hui.

Expérience client et plateformes digitales : des experts en transformation digitale au service du client
Alberto D'Apice
Alberto D’Apice coordonne la relation client après-vente chez Renault Italie, où il est arrivé en 2010, après une formation d’ingénieur industriel complétée par un diplôme de physique. Il a conçu Renault Le Club, programme de fidélité lancé en octobre 2025 qui récompense les clients particuliers pour chaque intervention réalisée dans le réseau, avec un objectif de 25 000 inscrits la première année. Son métier dépasse les frontières d’un poste d’après-vente classique puisqu’il a fallu faire converger les directions marketing, informatique, juridique, communication et après-vente, concevoir une architecture technique de gestion des données et en garantir la conformité au RGPD, pour, au bout du compte, transformer la relation avec les clients.

Elis-Gabriela Marcu
Au Royaume-Uni, Elis-Gabriela Marcu pilote l’équipe Digital Platforms and Projects de Renault Group UK, qu’elle a rejointe en mars 2024 après une carrière dans les services financiers. Elle a conduit la refonte de tout l’écosystème digital britannique, sites web, applications mobiles et services connectés, avec un nouveau partenaire cloud et une plateforme mise en service en mars 2026. Son rôle : aligner marketing, produit, développement, informatique, conformité, commerce et après-vente pour que « chaque évolution serve réellement les utilisateurs, internes comme externes ». Elle mesure le changement qui en découle sur trois critères : l’expérience client, l’efficacité opérationnelle et la performance technique. « Le digital peut paraître abstrait, mais en réalité, chaque optimisation, chaque ajustement, chaque choix technique a un impact direct sur la lisibilité et la fluidité d’usage », explique-t-elle.

Énergie et carbone : anticiper les carburants de 2035

Robert Lassartesses est expert leader vecteurs énergétiques et ingénierie du carbone chez Renault Group. Il explique ainsi sa mission : « faire comprendre et anticiper toutes les évolutions qu'il va y avoir sur les énergies, dans un contexte de chute rapide des coûts des énergies renouvelables, en particulier le solaire et l’éolien... Nous ne sommes plus du tout dans le monde d'avant ». Sa priorité du moment : déterminer quels carburants décarbonés (bio fuel, e-fuel) seront disponibles à la pompe sur le marché européen entre 2030 et 2035, et à quel prix, pour orienter les choix techniques des moteurs de Renault Group. Autre aspect de son métier : l’ingénierie du carbone, un métier qui n’existait pas il y a 5 ans. Transformation, stockage, utilisation du CO2 : ce domaine sera essentiel pour atteindre l’ambition « Net zero » de Renault Group. Un profil qui mêle donc chimie, géopolitique, logistique et connaissance de l’utilisation des énergies sur l’ensemble de la chaine de valeur du véhicule...
ReKnow University : se former aux métiers de demain
Créée en 2021, ReKnow University est l’université d’entreprise de Renault Group. Elle a formé ou reconverti plus de 53 000 collaborateurs depuis sa création, dans sept domaines de compétences stratégiques : mobilité électrique, économie circulaire, data, software, cybersécurité, excellence opérationnelle et expérience client[7]. Ses campus français sont installés au plus près des métiers : à Cléon pour le moteur électrique, où une manufacture apprenante forme sur des machines industrielles, en conditions réelles de production, et a dispensé plus de 23 000 heures de formation depuis 2022[8] ; à Lardy pour les batteries, où un laboratoire dédié aux cellules, doté de plus de 120 équipements, teste de nouvelles chimies[9]; à Flins pour l’économie circulaire[8]. À Cléon encore, un campus spécialisé en électronique de puissance soutient la reconversion de plus de 400 collaborateurs de l’usine, dans le cadre du programme France 2030[10]. L’université développe son offre à l’international avec des antennes en Turquie, en Espagne, en Argentine et au Brésil[11]. Les formations de la manufacture apprenante sont certifiantes, reconnues par l’État, et ouvertes aux salariés du Groupe comme aux étudiants, aux partenaires industriels et aux personnes en reconversion[8].
FAQ
Quels sont les métiers d’avenir dans l’automobile ?
Les métiers d’avenir dans l’automobile se développent notamment dans la robotique et l’IA physique, la data, la cybersécurité, la supply chain digitalisée, les plateformes numériques, l’expérience client ainsi que l’énergie et l’ingénierie du carbone. Ces expertises complètent les métiers historiques de la conception, de la production, de la vente et de la maintenance.
Il n’est pas nécessaire d’être ingénieur pour travailler dans l’automobile. Le secteur accueille des profils issus de formations techniques, scientifiques, numériques, commerciales ou de la relation client. Chez Renault Group, ReKnow University propose aussi des parcours certifiants au plus près des métiers et des équipements industriels, destinés aux salariés, aux étudiants, aux partenaires industriels et aux personnes en reconversion[8].
L’intelligence artificielle transforme les métiers de l’automobile en automatisant certaines tâches, en accélérant l’analyse des données et en améliorant la production, la qualité ou la logistique. Chez Renault Group, elle permet notamment de développer des assistants vocaux pour les contrôles qualité, des outils de gestion des flux et des robots capables de s’adapter à plusieurs missions. Elle fait ainsi évoluer les métiers existants autant qu’elle crée de nouvelles expertises.
Oui, une reconversion vers les métiers de l’automobile est possible, y compris depuis la recherche, les services financiers ou d’autres secteurs industriels. Les compétences numériques, scientifiques, commerciales et de gestion de projet sont transférables. ReKnow University accompagne cette évolution : plus de 53 000 collaborateurs ont été formés ou reconvertis depuis 2021 dans sept domaines stratégiques, dont la mobilité électrique, la data, le software et la cybersécurité[7].
Sources
[1] IFR, International Federation of Robotics, communiqué « Europe's Auto Industry Installed 23,000 new Robots », 17 juin 2025, résultats préliminaires 2024, Europe.
[2] IFR, World Robotics 2025, communiqué du 25 septembre 2025, installations mondiales de robots industriels en 2024.
[3] McKinsey, « The state of AI in 2026: On the road to ROI », 25 août 2026, enquête mondiale auprès de 1 719 participants dans 97 pays.
[4] Renault Group, magazine renaultgroup.com, « Calvin : un robot de nouvelle génération est né », 26 juin 2026.
[5] Renault Group, brochure « Renault Group en France », juillet 2026, p. 27.
[6] Renault Group, brochure « Renault Group en France », juillet 2026, p. 42 et 43.
[7] Renault Group, Document d'enregistrement universel 2025, p. 11, 16 et 89 ; Rapport intégré 2025-2026, p. 21 et 34.
[9] Renault Group, magazine renaultgroup.com, « À Cléon, une manufacture apprenante pour transformer les compétences et l'industrie », 23 avril 2026.
[10] Renault Group, brochure « Renault Group en France », juillet 2026, p. 11.
[11] Renault Group, Rapport intégré 2025-2026, p. 20.
[12] Renault Group, Document d'enregistrement universel 2025, p. 89.






