Renault Group et le Mondial de l’Auto de Paris : deux histoires qui n’en font qu’une (#2)

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Renault Group et le Mondial de l’Auto de Paris : deux histoires qui n’en font qu’une (#2)

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Mondial de l'Automobile de Paris

Voilà le second volet de la saga consacrée à Renault Group au Mondial de l’Automobile. Un article dédié aux soixante dernières années, qui a vu le salon devenir un événement de masse et Renault jouer quelques-uns de ses paris les plus risqués.

À retenir

  • 1962 : le Salon de l’Automobile quitte le Grand Palais pour la Porte de Versailles et change d’échelle. Renault y présente la Renault 8, tandis que Jean Rédélé dévoile la première Alpine A110.
  • 1972 : la Renault 5 devient la vedette du salon. Avec son hayon, ses boucliers et ses couleurs éclatantes, elle impose de nouveaux codes et devient la voiture la plus vendue de France pendant dix années consécutives.
  • 1984 : Renault transforme son stand en démonstration grandeur nature pour faire comprendre l’Espace et son habitabilité, alors que le modèle peine à trouver son public.
  • 1992 : la Twingo est dévoilée avant même sa commercialisation et enregistre 2 240 réservations fermes pendant le salon.
  • 2010-2024 : le Mondial devient une vitrine des transformations de Renault, de l’offensive électrique de 2010 au renouveau des modèles iconiques avec les Renault 5 E-Tech electric, Renault 4 E-Tech et concept Twingo E-Tech en 2024.

Devenu trop étroit pour des millions de visiteurs et des stands toujours plus vastes, le Salon de l'automobile, du cycle et du motocycle quitte définitivement le Grand Palais en 1962 et s'installe au parc des expositions de la Porte de Versailles.

Ce changement de localisation ne fait pas l'unanimité. Certains regrettent le raffinement du Grand Palais et trouvent le nouveau parc des expositions aussi froid que le béton dont il est fait. Le millésime 1962 fera taire les regrets. Selon les historiens et les passionnés, il reste l'un des meilleurs crus, avec une concentration de nouveautés légendaires. C’est surtout le premier salon véritablement international avec 108 marques et 12 nations productrices, les grands constructeurs européens occupant une place presque aussi importante que les Français.

1962-1975 : la motorisation de masse

Entre 1962 et 1972, l'automobile connaît un développement sans équivalent : croissance au zénith, réseau autoroutier enfin mature, pouvoir d'achat en hausse et glissement vers une civilisation des loisirs. Les constructeurs en profitent pour diversifier l'offre, augmenter le confort et relever sans cesse les performances.

Pour inaugurer le nouveau lieu, en octobre 1962, Renault frappe fort avec la Renault 8, première voiture française de grande série équipée de quatre freins à disque de série, une technologie jusque-là réservée aux modèles sportifs ou de luxe. Le même salon accueille une autre naissance : Jean Rédélé y présente la première Alpine A110, cette petite sportive à moteur Renault qui ne va pas tarder à régner sur le monde des rallyes. Octobre 1962 réunit donc, sous le même toit, la voiture qui va motoriser la France et celle qui va la faire gagner.

En octobre 1972, la Renault 5 est la superstar du salon, ou plutôt la « Supercar », comme la baptise la publicité. Commercialisée depuis janvier, elle est déjà connue de certains Français : en février, 1 920 Renault 5 avaient sillonné les routes du pays. Le Mondial devient le point d'orgue de cette campagne.

Avec ses formes modernes, ses boucliers enveloppants, son hayon et ses couleurs éclatantes, la R5 rompt avec les codes de l'automobile de l'époque. Elle séduit notamment les femmes et les jeunes et deviendra la voiture la plus vendue de France pendant dix années consécutives, de 1974 à 1983.

1976-1998 : la biennale, le mondial, les défis

Le salon adopte un rythme biennal, tous les deux ans sur les années paires, en alternance avec l'Allemagne. En se raréfiant, chaque édition devient un rendez-vous plus attendu. En 1988, l'événement prend le nom que nous lui connaissons aujourd’hui : Mondial de l'Automobile. C'est aussi l'ère du gigantisme, où le stand Renault peut dépasser les 3 000 m².

En 1982, après les années sombres des deux chocs pétroliers, un vent de renouveau souffle sur un salon qui bat des records de fréquentation.

En octobre 1984, le salon devient l'opération de sauvetage de l'Espace. Commercialisé depuis juillet, le monospace peine à trouver son public : seulement neuf exemplaires ont été vendus en France le premier mois. Sa silhouette monocorps, qui n'entre dans aucune catégorie connue, déroute.

Renault choisit alors de ne pas parler de moteur ou de performances, mais de montrer ce qui fait la différence de l'Espace : son habitabilité. Sur le stand, les visiteurs découvrent un habitacle modulable, où les sièges se déplacent et se retirent pour transformer l'espace intérieur. En quelques jours, le public comprend enfin ce qu'est un monospace. Les commandes commencent à se remplir à l'issue du salon.

Octobre 1992. La Twingo ou le salon comme verdict. Le 5 octobre 1992, Renault révèle une voiture que personne ne peut encore acheter : sa commercialisation n'est prévue qu'en avril 1993. Pourtant, 2 240 réservations fermes sont enregistrées pendant le salon. Avec sa bouille joviale, son architecture monocorps, sa banquette arrière coulissante et son prix unique, la Twingo impose une nouvelle manière de concevoir la petite voiture.

En 1996, la Mégane Scénic fait du monospace compact une nouvelle référence. Grande vedette du stand, elle connaît un succès immédiat et propulse la famille Mégane vers un succès commercial historique.

Le Mondial de 1998 revêt une importance particulière : Renault y fête officiellement son centenaire tandis que le salon de Paris célèbre lui aussi ses cent ans.

2002-2024 : un salon en mutation, un Groupe en transformation

Le début des années 2000 est un sommet : en 2004, le Mondial atteint le record absolu de fréquentation de son histoire avec 1 448 551 visiteurs et s'impose comme le salon automobile le plus visité au monde. Puis vient la crise du modèle. En 2016, plusieurs constructeurs renoncent à un stand et la fréquentation chute de 15 %. Le phénomène n'est pas parisien : Francfort, Genève et Détroit sont touchés au même moment. Le numérique a changé la façon dont on révèle un produit et le coût du mètre carré reste élevé. L'édition 2020 est annulée pour cause de pandémie de Covid-19. Le retour, en 2022, se fait sur un format plus court et plus interactif ; en 2024, la fréquentation repart nettement à la hausse.

En 2010, Renault fait cette fois du salon la vitrine de son offensive électrique, avec une gamme électrique complète et prête pour la série : ZOE Preview, Twizy, Fluence Z.E. et Kangoo Z.E.

Mondial de l’Automobile 2010, ZOE Preview
Mondial de l’Automobile 2010, ZOE Preview

En 2022, après quatre années d'absence, le Mondial revient. Renault Group en fait la vitrine de sa nouvelle stratégie, entre électrification et renouveau de ses modèles iconiques. R5 E-Tech, R5 Turbo 3E, 4EVER Trophy et Scenic Vision H2-Tech occupent le devant de la scène, tandis qu'Alpine présente l'Alpenglow. Le stand lui-même change de nature et devient un studio de télévision et de radio ouvert au public. Dacia profite également de l'événement pour présenter pour la première fois l'intégralité de sa gamme sous sa nouvelle identité visuelle.

Mondial de l’Automobile 2022, stand Renault
Mondial de l’Automobile 2022, stand Renault

En 2024, l'offensive néo-rétro confirme cette nouvelle direction. Renault fait renaître trois silhouettes emblématiques de son histoire sous forme de modèles électriques : la Renault 5 E-Tech electric, la Renault 4 E-Tech et le concept Twingo E-Tech. Trois générations de voitures populaires, nées sur la scène parisienne en 1961, 1972 et 1992, se retrouvent ainsi réunies dans une nouvelle histoire.

Mondial de l’Automobile 2024, stand Renault
Mondial de l’Automobile 2024, stand Renault

Ainsi s'achève cette plongée dans cent vingt-huit ans d'histoire commune entre le Mondial de l'Automobile et Renault Group. Une histoire faite de premières fois, de paris parfois audacieux et de rencontres avec le public.

Car c'est peut-être là que se joue le rôle irremplaçable d'un grand salon automobile : mettre les ruptures en scène, les rendre compréhensibles et parfois les rendre désirables. Au fil des décennies, Renault y a appris une chose essentielle : un salon ne sert pas seulement à présenter une voiture. Il permet de la faire comprendre, de la faire essayer, et parfois de convaincre le public qu'elle peut changer ses habitudes.

Merci à Renault Histoire pour sa contribution à cette série d’articles !

FAQ

En 1962, le salon quitte définitivement le Grand Palais, devenu trop étroit face à l’affluence et à la taille croissante des stands. Il s’installe au parc des expositions de la Porte de Versailles, où il restera par la suite.

La Renault 5 est la grande vedette de l’édition 1972. Commercialisée depuis janvier, elle séduit notamment par son design moderne, son hayon, ses boucliers enveloppants et ses couleurs éclatantes.

Alors que l’Espace peine à trouver son public après son lancement, Renault choisit de montrer concrètement son principal atout : l’habitabilité. Les visiteurs peuvent découvrir sur le stand un habitacle modulable, avec des sièges qui se déplacent et se retirent.

Révélée le 5 octobre 1992 alors que sa commercialisation n’est prévue qu’en avril 1993, la Twingo enregistre 2 240 réservations fermes pendant le salon.

En 2010, Renault fait du salon la vitrine de son offensive électrique avec une gamme destinée à la série comprenant notamment ZOE Preview, Twizy, Fluence Z.E. et Kangoo Z.E. En 2022 puis en 2024, le Groupe poursuit cette transformation en associant électrification et renaissance de modèles iconiques.